De l'éthique de l'entreprenariat éthique et solidaire
Par X. le lundi 30 avril 2007, 12:35 - entreprise éthique - Lien permanent
Créer une entreprise, gérer un projet de bout en bout, se sont généralement le même type de problématique : réaliser et accomplir un projet professionnel. Entreprendre d'un point de vue éthique et solidaire, ou tout du moins mener à bien un projet d'entreprise pratiquant un marketing éthique, écologique, équitable et solidaire, c'est satisfaire d'une certaine manière une ambition qui dépasse largement les besoins de l'ego. C'est d'abord satisfaire une ambition professionnelle et personnelle, c'est aussi "réaliser ses propres rêves", mener à bien son projet avec sa propre éthique. C'est encore se dépasser tout en conservant le sentiment du champ d'action disponible devant soi.
Enrreprendre, c'est mettre en oeuvre sa propre liberté d'action sur un terrain, bénéficier d'une grande liberté d'action face à une hiérarchie. La contrepartie de cela est d'avoir à construire à côté des personnes qui n'y croient pas, à côté des petits penseurs de la réussite ambitieuse", voire parfois contre celles et ceux qui freinent par peur de l'inconnue, synonyme pour eux de l'échec, de la perte et de la décadence financière et relationnelle. Il est vrai que les médias relatent de nombreux cas d'échecs. Pour autant, faut-il attendre que d'autres fassent - ou pas - ce que vous considérez comme un projet innovant, éthique et d'intérêt général ?
L'entreprise éthique est selon moi un aboutissement du comportement responsable dans sa globalité. Mettre en oeuvre un projet éthique et d'intérêt général, tout en faisant passer ses clients, les consommateurs, dans un autre champ d'activité, différent de la consommation conventionnelle. C'est aussi leur faisant passer des messages pour un monde meilleur, et pas forcément pour plus de consommation, mais bien pour une meilleure consommation, chargée de sens.
Dernier point, et non des moindres, entreprendre en éthique, c'est s'entourer de personnes militantes, convaincues, déterminées, encore plus que dans l'entreprise conventionnelle.
A la différence d'un projet d'entreprise conventionnelle, je n'ai pas l'impression que cela soit la fierté qui me porte, ma place étant humble dans cette société, mais plutôt le grand sentiment d'existence et de liberté. J'associe la fierté à l'ego, et donc à l'avoir. La liberté c'est être, être un acteur déterminé, proactif, ambitieux pour le bien de tous tout en cultivant son propre bonheur de créer du beau.
D'autres question se posent : entreprendre en mode éthique, en textile équitable, n'est-ce pas aussi générer une forme de tourisme professionnel, et pousser à un déséquilibre ? Car les producteurs de tissus et de vêtements éthiques sont plus souvent en Inde ou en Amérique du Sud, qu'en Ardèche. Certes cela représente une masse négligeable du tourisme, mais quand même : comment gérer cette situation paradoxale où l'on désire utiliser des matières nobles et de bonne facture, matières que l'on ne trouve pas nécessairement en France, donc qui viennent de loin, tout en conservant l'équilibre de la planète, c'est à dire sans générer de pollution, et je pense notamment l'usage de l'avion.
Compenser carbone, c'est à dire rétribuer un fond d'ONG ou faire un don à une association pour planter ou replanter des arbres dans les zones sinistrées par l'activité de l'Homme, et rendre prisonnier le CO2 dans les masses de bois ainsi générées, est-ce là la véritable solution pour préserver notre environnement de vie ? Certes mes propos sont parfois un peu simplifiés et extrêmes, mais ces questions ne méritent-elles pas d'être posées et approfondies ?
S'ouvrir avec respect et écoute aux autres formes de vies, aux autres cultures, a toujours été bénéfique pour chacque être. S'ouvrir c'est aussi être cohérent dans son projet d'entreprise éthique, c'est faire corps avec le projet, gagner en épaisseur, se distinguer, communiquer avec aisance et facilité sur son projet sans langue de bois. C'est incarner une présence forte, être à l'aise et déterminé, montrer que l'on y croit "corps et âme", communiquer par le non-verbal, être consistant sans mettre en avant son ego.
Récemment, sans vouloir faire de hors sujet, les 2 candidats ont été analysés par plusieurs citoyens intéressés. Ce qu'il en ressort pour l'un comme pour l'autre c'est qu'ils sont inconsistants et qu'ils n'y croient pas : récitation avec anti-sèche, ou bien communication non-verbale opposée au discours. Un grand enseignement pour la suite de la vie de la République !
Pour autant la personnalité est sans doute plus importante que la technique, et c'est là que l'éthique d'un projet éthique prend son sens : être en accord avec son projet, c'est le rendre plus performant et l'amener vers une forme de réussite, briller sans personnalité et sans conviction, ou pire en mentant, c'est aller à la perte du projet. Les plus belles réussites de projets éthiques sont sans aucun doute celles des illustres inconnus, sujets à controverses mais toujours raccords entre leur être et le projet. Voyons par simples exemples Alter Eco ou Ideo, qui chacun dans leur secteur, avec de la persévérance, de la constance et de l'engagement montrent qu'une autre société occidentale, plus respectueuse, plus équilibrée, plus juste, est possible.
Commentaires
comment gérer cette situation paradoxale où l'on désire utiliser des matières nobles et de bonne facture, matières que l'on ne trouve pas nécessairement en France, donc qui viennent de loin, tout en conservant l'équilibre de la planète, c'est à dire sans générer de pollution, et je pense notamment l'usage de l'avion.
--> Et, à l'inverse, pourquoi s'interdire d'exporter hors de France ? Au sujet du transport Inde-France ou autres, je vais dire un truc peut-être très con mais assez sympa dans l'esprit. Réhabiliter le transport des marchandises par bateaux à voile comme dans le business de la drogue ! Plutôt que de transporter des tonnes de cannabis en soute, des plaisanciers suffisamment doués pour faire de tels trajets seraient invités à transporter du biens éthiques. Par contre bonjour le mal de crâne pour le côté logistique, délai de livraison et cie...
coucou Mike, je suis désolée, je ne retrouve plus ton mail...c'était pour qu'on se voit bientôt, si tu veux toujours...
coucou Mike, je croyais déjà avoir envoyé un comm, mais je ne le vois pas...je voulais qu'on se prend rdv, mais je ne trouve plus ton mail...pourrais tu me l'envoyer à nouveau??
Bonjour,
Je découvre votre blog avec un vif intérêt et prend connaiassance plus particulièrement de ce dernier post.
J'apprécie que des hommes et des femmes s'engagent au quotidien dans le déveoppment durable et des actions éthiques, quels que soient leurs moyens.
Je vous invite à découvrir ma rubrique " Entretien avec " des dirigeants de tour-opérateurs tels que JF Rail, patronde Voyageurs du monde, ou Bruno Gallois, patron de marsans Transtours, engagés chacun dans le tourisme solidaire et communicant chacun à leur façon auprès des medias et du grand public.
Bonne continuation à votre blog.
Christine
merci Christine pour vos encouragements.
Je connaissais déjà Marsans Tour, via une lecture RSS que j'ai eu il y a quelques temps (sans doute suite à un abonnement RSS sur votre blog d'ailleurs... ?
bonne journée
Bonjour Mike,
Tu as mis un comm sur le blog de l'ecolo swap... Je voulais repondre a tes questions : les swaps sont bien sur ouverts aux zoms ; d'ailleurs sur le swap litteraire que j'ai lance le mois dernier, nous avons un bloggueur !
C'etait juste pour te dire que les swaps ne sont pas reserves aux nanas.
A bientot et merci de ta visite !