Créer une entreprise, gérer un projet de bout en bout, se sont généralement
le même type de problématique : réaliser et accomplir un projet
professionnel. Entreprendre d'un point de vue éthique et solidaire, ou tout du
moins mener à bien un projet d'entreprise pratiquant un marketing éthique,
écologique, équitable et solidaire, c'est satisfaire d'une certaine manière une
ambition qui dépasse largement les besoins de l'ego. C'est d'abord satisfaire
une ambition professionnelle et personnelle, c'est aussi "réaliser ses propres
rêves", mener à bien son projet avec sa propre éthique. C'est encore se
dépasser tout en conservant le sentiment du champ d'action disponible devant
soi.
Enrreprendre, c'est mettre en oeuvre sa propre liberté d'action sur un
terrain, bénéficier d'une grande liberté d'action face à une hiérarchie. La
contrepartie de cela est d'avoir à construire à côté des personnes qui n'y
croient pas, à côté des petits penseurs de la réussite ambitieuse", voire
parfois contre celles et ceux qui freinent par peur de l'inconnue, synonyme
pour eux de l'échec, de la perte et de la décadence financière et
relationnelle. Il est vrai que les médias relatent de nombreux cas d'échecs.
Pour autant, faut-il attendre que d'autres fassent - ou pas - ce que vous
considérez comme un projet innovant, éthique et d'intérêt général ?
L'entreprise éthique est selon moi un aboutissement du comportement
responsable dans sa globalité. Mettre en oeuvre un projet éthique et d'intérêt
général, tout en faisant passer ses clients, les consommateurs, dans un autre
champ d'activité, différent de la consommation conventionnelle. C'est aussi
leur faisant passer des messages pour un monde meilleur, et pas forcément pour
plus de consommation, mais bien pour une meilleure consommation, chargée de
sens.
Dernier point, et non des moindres, entreprendre en éthique, c'est
s'entourer de personnes militantes, convaincues, déterminées, encore plus que
dans l'entreprise conventionnelle.
A la différence d'un projet d'entreprise conventionnelle, je n'ai pas
l'impression que cela soit la fierté qui me porte, ma place étant humble dans
cette société, mais plutôt le grand sentiment d'existence et de liberté.
J'associe la fierté à l'ego, et donc à l'avoir. La liberté c'est être, être un
acteur déterminé, proactif, ambitieux pour le bien de tous tout en cultivant
son propre bonheur de créer du beau.
D'autres question se posent : entreprendre en mode éthique, en textile
équitable, n'est-ce pas aussi générer une forme de tourisme professionnel, et
pousser à un déséquilibre ? Car les producteurs de tissus et de vêtements
éthiques sont plus souvent en Inde ou en Amérique du Sud, qu'en Ardèche. Certes
cela représente une masse négligeable du tourisme, mais quand même :
comment gérer cette situation paradoxale où l'on désire utiliser des matières
nobles et de bonne facture, matières que l'on ne trouve pas nécessairement en
France, donc qui viennent de loin, tout en conservant l'équilibre de la
planète, c'est à dire sans générer de pollution, et je pense notamment l'usage
de l'avion.
Compenser carbone, c'est à dire rétribuer un fond d'ONG ou faire un don à
une association pour planter ou replanter des arbres dans les zones sinistrées
par l'activité de l'Homme, et rendre prisonnier le CO2 dans les masses de bois
ainsi générées, est-ce là la véritable solution pour préserver notre
environnement de vie ? Certes mes propos sont parfois un peu simplifiés et
extrêmes, mais ces questions ne méritent-elles pas d'être posées et
approfondies ?
S'ouvrir avec respect et écoute aux autres formes de vies, aux autres
cultures, a toujours été bénéfique pour chacque être. S'ouvrir c'est aussi être
cohérent dans son projet d'entreprise éthique, c'est faire corps avec le
projet, gagner en épaisseur, se distinguer, communiquer avec aisance et
facilité sur son projet sans langue de bois. C'est incarner une présence forte,
être à l'aise et déterminé, montrer que l'on y croit "corps et âme",
communiquer par le non-verbal, être consistant sans mettre en avant son
ego.
Récemment, sans vouloir faire de hors sujet, les 2 candidats ont été
analysés par plusieurs citoyens intéressés. Ce qu'il en ressort pour l'un comme
pour l'autre c'est qu'ils sont inconsistants et qu'ils n'y croient pas :
récitation avec anti-sèche, ou bien communication non-verbale opposée au
discours. Un grand enseignement pour la suite de la vie de la
République !
Pour autant la personnalité est sans doute plus importante que la technique,
et c'est là que l'éthique d'un projet éthique prend son sens : être en
accord avec son projet, c'est le rendre plus performant et l'amener vers une
forme de réussite, briller sans personnalité et sans conviction, ou pire en
mentant, c'est aller à la perte du projet. Les plus belles réussites de projets
éthiques sont sans aucun doute celles des illustres inconnus, sujets à
controverses mais toujours raccords entre leur être et le projet. Voyons par
simples exemples Alter Eco ou Ideo, qui chacun dans leur secteur, avec de la
persévérance, de la constance et de l'engagement montrent qu'une autre société
occidentale, plus respectueuse, plus équilibrée, plus juste, est possible.
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